L'Afrique a longtemps subi le paradoxe de ciel ouvert mais de pistes fermées, un espace aérien vaste, des populations en plein essor, mais des infrastructures aéroportuaires défaillantes et des compagnies sous-capitalisées. C'est précisément cette équation que la BAD et Abuja entendent résoudre ensemble. Le Nigeria devient ainsi le premier pays à signer un « pacte national » dans le cadre du Programme intégré de transformation de l'aviation en Afrique (IATP), un programme lancé en février 2026 à Nairobi lors du Forum sur les compagnies aériennes africaines. 

L'accord couvre trois axes stratégiques à savoir l'amélioration des politiques sectorielles et des compétences humaines, la modernisation des infrastructures aéroportuaires et logistiques, et le renforcement des compagnies aériennes et des capacités industrielles locales. Mike Salawou, Directeur du Département des infrastructures, des villes et du développement urbain (PICU) à la BAD, a qualifié ce partenariat de « grande initiative continentale destinée à transformer l'écosystème aérien africain ». En désignant le Ministre nigérian de l'Aviation champion africain de cette transformation, la BAD envoie un signal fort. Celui que l’Afrique ne se contentera plus d'observer la révolution mondiale du transport aérien, elle en sera actrice.

Au-delà des chiffres, cet accord ouvre une ère nouvelle pour la connectivité africaine. En faisant du Nigeria son fer de lance, la BAD parie sur l'effet d'entraînement. Si le géant ouest-africain réussit sa mue aéronautique, d'autres États du continent pourraient bien rejoindre l'IATP, transformant 7 milliards de dollars en catalyseur d'une intégration régionale longtemps promise, trop souvent retardée.