Abidjan devient le 1er hub aérien de la CEDEAO à s'affranchir des taxes qui plombent les billets. En effet, le ciel ouest-africain reste l'un des plus chers du monde à traverser, plombé par une accumulation de taxes qui gonflent artificiellement le prix des billets d'avion. Réunie le 19 juillet à Lungi, en Sierra Leone, la Conférence des Chefs d'État de la CEDEAO a salué la Côte d'Ivoire comme seul État membre ayant intégralement supprimé les taxes concernées par l'acte additionnel régional sur le transport aérien. Cette avancée ivoirienne s'inscrit dans un processus enclenché de longue date. Abidjan avait déjà supprimé la taxe Trésor et la contribution de solidarité nationale sur les billets dès 2016, avant de réduire de moitié la taxe touristique internationale. 

Plus récemment, le Conseil des Ministres du 29 avril 2026 a adopté trois décrets réduisant de 25% les redevances passagers et de sûreté sur les vols intra-CEDEAO, en application de l'acte communautaire adopté à Abuja en décembre 2024. Ce texte régional imposait à l'ensemble des 12 États membres actifs de supprimer les taxes non aéronautiques et d'abaisser les redevances passagers dès le 1er janvier 2026. Or, à ce jour, seule la Côte d'Ivoire a mené cette réforme à son terme complet, tandis que les autres capitales, de Lagos à Dakar, tardent encore à transposer intégralement la décision dans leur législation fiscale nationale.

À Lungi, les Chefs d'État ont donc appelé les pays retardataires à accélérer leurs réformes, révisions législatives et baisses de redevances comprises. La performance ivoirienne place désormais Abidjan en position de vitrine régionale, alors que la CEDEAO espère voir enfin décoller le trafic aérien intracommunautaire.