À San Pedro, le cacao ne se contente plus de voyager en sacs vers les ports du monde, il va se transformer désormais sur place, sous l'impulsion de ceux qui le cultivent. Baptisé « CocoaTech Côte d'Ivoire », le projet mobilise une enveloppe de 9,84 milliards de F CFA, soit environ 15 millions d'euros. Implantée sur 5 hectares, l'unité industrielle sera livrée dans un délai de 24 mois et disposera d'une capacité initiale de transformation de 15 000 tonnes de fèves par an, extensible à 30 000 tonnes une fois la phase pilote consolidée.

La cérémonie s'est déroulée dans le cadre de la « Journée des Pays-Bas à San-Pedro », le projet étant soutenu par le programme Orange Cocoa Pro du Royaume des Pays-Bas. Le Directeur de cabinet adjoint du Ministre du Commerce, de l'Industrie et de l'Artisanat, Olivier Daipo, a salué une initiative qui « marque une nouvelle étape dans la mise en œuvre de la stratégie nationale d'industrialisation portée par le Gouvernement ».

Le projet prévoit d'abord la production de masse de cacao, avant une montée en puissance vers la fabrication de beurre, de tourteaux et de poudre. L'usine sera approvisionnée à 100% par la coopérative CADESA, garantissant une chaîne de valeur intégrée et traçable, de la production des fèves jusqu'à leur transformation. À la clé, on aura 110 emplois directs et 250 emplois indirects, avec des opportunités attendues pour les jeunes et les femmes. Cette initiative s'inscrit dans l'objectif national de transformer 50% de la production ivoirienne de cacao d'ici 2030, dans le cadre du Plan national de développement 2026-2030. 

Ainsi, en devenant elles-mêmes actionnaires de leur outil industriel, les coopératives ivoiriennes rompent avec un modèle où la transformation restait l'apanage des multinationales, et visent à capter une part plus importante d'une valeur ajoutée estimée à près de 80% pour le seul broyage.