C'est sur les quais du premier port mondial d'exportation de cacao que l'Europe a choisi de poser ses jalons africains. La délégation européenne, venue à San Pedro ce 22 juin 2026, a engagé des échanges substantiels avec la direction du port et plusieurs acteurs économiques européens présents dans la région. Une rencontre qui n'est pas anodine. San Pedro concentre une part déterminante des flux mondiaux de fèves de cacao, faisant de ce port ivoirien un maillon incontournable dans les négociations sur la durabilité de la filière.

La question de la durabilité du cacao s'impose avec acuité. La Côte d'Ivoire, premier producteur mondial, s'est dotée d'une stratégie nationale de cacao durable appuyée par un système de traçabilité instauré par décret en septembre 2023. Ce mécanisme vise à garantir un paiement juste aux producteurs, à lutter contre la déforestation et à éradiquer le travail des enfants. La norme ARS 1000, adoptée conjointement avec le Ghana, renforce ce cadre normatif en faveur d'une production plus responsable. 

Concernant les perspectives offertes par l'initiative Global Gateway, il faut rappeler que celle-ci a été lancée par la Commission européenne fin 2021. Elle prévoit de mobiliser 300 milliards d'euros d'ici 2027, dont 150 milliards destinés au continent africain. Elle couvre des secteurs stratégiques tels que les transports, le numérique, l'énergie et la santé, offrant à des infrastructures portuaires comme celle de San Pedro des perspectives concrètes de financement et de modernisation. L'UE s'était d'ailleurs déjà déclarée prête à accompagner l'expansion du Port de San Pedro.

Cette visite s'inscrit dans un dialogue de partenariat renforcé entre la Côte d'Ivoire et l'Union européenne, dont la 9ème session s'est tenue en avril 2026 sous la présidence du Premier Ministre Robert Beugré Mambé. Elle réaffirme le rôle stratégique du Port de San Pedro comme moteur du commerce régional et interlocuteur privilégié des grandes initiatives de développement portées par l'Europe.