En pleine émission gouvernementale, la nouvelle a fait l'effet d'une onde. Le Ministre de la Transition numérique et de l'Innovation technologique, Djibril Ouattara, a confirmé récemment dans le Gouv'Talk du Centre d'Information et de Communication gouvernementale (CICG) la délivrance d'un arrêté ministériel autorisant le déploiement commercial de Starlink sur tout le territoire ivoirien. Cette autorisation n'est pas née du néant. L'Autorité de Régulation des Télécommunications/TIC de Côte d'Ivoire (ARTCI) avait déjà posé les jalons dès le 25 septembre 2025, en accordant à Starlink Network CIV, via sa décision n°2025-1301, le droit d'exploiter des fréquences radioélectriques via des satellites non géostationnaires. Le régulateur avait ainsi fait de la Côte d'Ivoire le premier pays d'Afrique de l'Ouest à octroyer une telle licence.

L'autorisation actuelle, d'une durée provisoire de douze mois, servira de phase d'essai avant l'octroi définitif d'une licence pleine et entière. La technologie direct-to-device permettra aux utilisateurs de basculer automatiquement vers le satellite en cas de défaillance des réseaux mobiles classiques. Le déploiement ciblera en priorité les zones rurales et enclavées, dans le cadre du Programme national de connectivité rurale (PNCR), qui vise à faire passer le taux de couverture internet de 95% à 98%. Avec cette ouverture, la Côte d'Ivoire rejoint, sur le continent, le Nigeria, le Rwanda, le Kenya et la République du Congo parmi les pays ayant autorisé Starlink, qui compte désormais 27 marchés africains.

La prochaine étape sera décisive. Il sera question de transformer cette autorisation provisoire en déploiement effectif et inclusif, pour que l'internet par satellite ne reste pas un privilège des villes, mais devienne un levier réel de développement pour les communautés rurales ivoiriennes.