Le gouvernement ivoirien a réaffirmé son ambition de structurer un environnement numérique sécurisé et conforme aux exigences de développement, le jeudi 25 juin 2026 à Abidjan-Cocody, à l’ouverture de la 2eme édition des Journées du Droit numérique (JDN). L’évènement, placé sous le thème « Intelligence artificielle et confiance numérique : bâtir un écosystème sécurisé, éthique et respectueux des droits », a été présidé par le Ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, Djibril Ouattara. Dans son intervention, le Ministre a rappelé que le numérique occupe désormais une place centrale dans les politiques publiques. Il a insisté sur son rôle dans la modernisation de l’administration, la compétitivité économique et l’inclusion sociale. Cette orientation s’inscrit dans la vision du Président de la République, S.E Alassane OUATTARA, qui fait du digital un levier de transformation structurelle de l’économie ivoirienne.

Un cadre juridique en consolidation face aux mutations technologiques

Pour accompagner cette évolution, le gouvernement met en œuvre une feuille de route structurée autour de sept piliers et 40 projets. Ceux-ci couvrent notamment les infrastructures numériques, la modernisation des services publics, la formation du capital humain, l’innovation technologique et la gouvernance du secteur.Sur le plan réglementaire, plusieurs réformes ont été engagées, dont la mise en application de la loi sur les communications électroniques adoptée en 2024. Le dispositif national de cybersécurité a également été renforcé afin de mieux répondre à la montée des risques liés aux usages numériques. Ces mesures visent à encadrer la croissance rapide des services digitaux et à sécuriser les échanges dans un contexte marqué par l’expansion des plateformes et des données sensibles.

La question de l’intelligence artificielle a occupé une place centrale dans les échanges. Le Ministre a souligné les opportunités qu’elle offre en matière d’efficacité et d’innovation, tout en alertant sur les défis liés à l’éthique, à la gouvernance et à la protection des droits fondamentaux. Les autorités entendent ainsi éviter un développement non encadré de ces technologies. Dans le même sens, la commissaire générale des Journées du Droit numérique, Bintou Jarvis, a appelé à renforcer le rôle du droit comme instrument de régulation et de confiance dans l’économie numérique. Elle a insisté sur la nécessité d’un cadre juridique capable d’accompagner l’innovation sans freiner son évolution.

En marge de la cérémonie d’ouverture, un panel ministériel a réuni plusieurs membres du gouvernement autour du thème « IA, souveraineté et confiance numérique : les États africains sont-ils prêts ? ». Les échanges ont mis en lumière les enjeux de souveraineté technologique et la nécessité pour les États africains de renforcer leurs capacités réglementaires et techniques.