Une décennie d'attente s'achève pour les statisticiens agricoles ivoiriens. Le dernier Recensement des Exploitants et Exploitations Agricoles (REEA) remonte à 2016. Depuis, cacaoculture, anacarde, riziculture et cultures vivrières ont profondément mué, sans qu'aucune photographie d'ensemble ne vienne actualiser les chiffres qui guident les politiques publiques. C'est pour combler ce vide que le Ministre de l'Agriculture, du Développement Rural et des Productions Vivrières, Bruno Nabagné Koné a paraphé une convention avec l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). Cette signature marque le lancement officiel du Programme de Coopération Technique TCP/IVC/4101, première étape vers le Recensement National de l'Agriculture (RNA). L’objectif est de doter l'État de données fiables pour piloter la transformation d'un secteur vital pour l'économie ivoirienne et des millions de familles rurales.

Ce programme d'appui technique doit préparer le terrain sur deux ans, à travers quatre chantiers, à savoir l’élaboration du document de projet du futur recensement, la mise en place de ses organes de gouvernance, le déploiement d'outils numériques de collecte de données et le renforcement des compétences des équipes nationales en statistiques agricoles. L'enjeu dépasse la seule mécanique statistique. Le RNA doit fournir à l'État des données actualisées sur les exploitations, les surfaces cultivées et les profils des producteurs, à la hauteur des mutations qu'a connues l'agriculture ivoirienne depuis 2016, entre essor de l'anacarde, pressions climatiques et ambitions de transformation locale portées par le Programme National d'Investissement Agricole. Pour le Ministre Bruno Nabagné Koné, cette collaboration avec la FAO constitue une étape majeure dans la transformation du secteur. Il a salué l'accompagnement constant de l'organisation onusienne et réaffirmé la volonté de la Côte d'Ivoire de fonder désormais ses politiques publiques sur des données solides, condition d'une planification plus fine et d'une agriculture plus compétitive.

Reste à transformer cet engagement en résultats concrets, car le RNA se veut être l'outil de référence pour mesurer les progrès réels de la souveraineté alimentaire ivoirienne.