Reçu par le Ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Ibrahim Khalil Konaté, le Chargé d’affaires de l‘Ambassade des États-Unis à Abidjan, Junaid (Jay) Munir a salué le rôle joué par son hôte, dans le développement des relations économiques bilatérales. Les discussions ont porté sur les priorités commerciales américaines en Côte d’Ivoire ainsi que sur les perspectives d’accroissement des flux d’investissements et des échanges. Les deux pays disposent déjà d’une relation économique dynamique. Selon les données du Bureau du Représentant américain au Commerce (USTR), les échanges de biens et services entre les États-Unis et la Côte d’Ivoire ont atteint 1,9 milliard de dollars en 2024, en progression de 12,3 % par rapport à l’année précédente. Les échanges commerciaux ont représenté à eux seuls 2,6 milliard de dollars en 2025. Les exportations américaines vers la Côte d’Ivoire se sont élevées à près de 644,4 millions de dollars en 2025, soit une hausse de 9 % (53,2 millions de dollars) par rapport à 2024. Tandis que les importations américaines en provenance de Côte d'Ivoire atteignaient 148 millions de dollars en 2024, en progression de 34,5 % (38 millions de dollars) par rapport à 2023. 

Des échanges commerciaux en constante progression

La Côte d’Ivoire s’impose aujourd’hui comme l’un des principaux fournisseurs agricoles africains des États-Unis. Le cacao demeure le produit phare des exportations ivoiriennes vers le marché américain. En 2024, les exportations agricoles ivoiriennes à destination des États-Unis ont représenté 816,2 millions de dollars, dont 758,5 millions de dollars pour le cacao et ses produits dérivés. Le caoutchouc naturel, les noix de cajou et le bois figurent également parmi les principaux produits expédiés outre-Atlantique. Au-delà de ces matières premières, plusieurs secteurs offrent encore des marges de progression importantes. Les experts du Carnegie Endowment for International Peace estiment que les exportations ivoiriennes vers les États-Unis restent concentrées à plus de 99 % sur cinq catégories de produits, notamment le cacao, le pétrole, le caoutchouc, les noix de cajou et le bois. Cette faible diversification laisse entrevoir des opportunités dans la transformation industrielle, les produits agroalimentaires à base de matières premières locales, le café, les épices ou encore les produits manufacturés à plus forte valeur ajoutée. L’accès préférentiel accordé par l’African Growth and Opportunity Act, plus connu sous le nom d’AGOA, constitue un autre levier de développement. Ce programme américain permet à plusieurs milliers de produits africains d’entrer sur le marché américain sans droits de douane. La Côte d’Ivoire bénéficie de ce dispositif depuis plusieurs années. Les autorités américaines rappellent d’ailleurs que le pays demeure éligible à ce programme en 2026. Les États-Unis et l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) sont liés depuis 2002 par un accord-cadre sur le commerce et l’investissement.

Des opportunités d’investissement dans plusieurs secteurs

Les perspectives de coopération dépassent largement le seul domaine des exportations agricoles. L’économie ivoirienne, l’une des plus dynamiques d’Afrique de l’Ouest, attire de plus en plus d’entreprises étrangères grâce à la stabilité macroéconomique, aux investissements publics dans les infrastructures et à la croissance du marché intérieur. Les entreprises américaines disposent ainsi d’opportunités dans l’agro-industrie, l’énergie, la logistique, les infrastructures portuaires, les technologies numériques, les services financiers et la santé. Les États-Unis exportent déjà vers la Côte d’Ivoire des produits pétroliers, des matières plastiques, des produits chimiques, des équipements industriels, des véhicules et du matériel médical. D’où les exportations américaines vers le marché ivoirien en 2025 ont atteint plus de 644 millions de dollars, selon les statistiques des Nations unies compilées par Trading Economics. Le secteur de la transformation industrielle apparaît comme l’un des principaux champs de coopération à développer. Premier producteur mondial de cacao et premier exportateur de noix de cajou brutes, la Côte d’Ivoire cherche à accroître la transformation locale de ses matières premières afin de créer davantage de valeur ajoutée. L’expertise américaine, les capitaux privés et les nouvelles technologies peuvent contribuer à l’industrialisation du pays et à la création d’emplois. Les investissements dans l’économie numérique représentent également un potentiel important. Avec une population jeune et un taux de pénétration du téléphone mobile en constante progression, la Côte d’Ivoire offre des débouchés dans les domaines des services numériques, du commerce électronique et des solutions technologiques. Les entreprises américaines spécialisées dans l’innovation et les services numériques disposent ainsi d’un marché en pleine expansion.

Notons que le renforcement du partenariat économique entre Washington et Abidjan intervient dans un contexte où la Côte d’Ivoire cherche à diversifier ses partenaires commerciaux et à accélérer sa transformation industrielle. De leur côté, les États-Unis souhaitent consolider leur présence économique en Afrique de l’Ouest et accompagner la montée en puissance des économies du continent. Les échanges engagés entre le Chargé d’affaires américain et le Ministre Ibrahim Khalil Konaté témoignent de cette volonté commune de faire du commerce et de l’investissement des moteurs de croissance et de prospérité partagée entre les deux pays.