Le Ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Nabagné Koné, a dévoilé ce 17 juin, les cinq axes prioritaires autour desquelles le gouvernement entend restructurer le secteur agricole ivoirien, à l’occasion de la 14ème édition des Rencontres Africa Abidjan 2026, tenue les 16 et 17 juin 2026 à la Maison de l’Entreprise au Plateau. La souveraineté alimentaire, la compétitivité des filières, le financement agricole, la sécurisation du foncier rural et la durabilité des systèmes de production constituent les principaux leviers sur lesquels le gouvernement compte s’appuyer pour accélérer la transformation du secteur agricole. Cette orientation intervient dans un contexte où l’agriculture demeure encore un pilier fondamental de l’économie nationale, comme ce fut le cas à l’indépendance, avec le slogan « le succès de ce pays repose sur l’agriculture ». Selon les données du Ministère de l’Agriculture et de la Banque mondiale, le secteur représente près de 20 % du produit intérieur brut et mobilise plus de 40% de la population active.

La Côte d’Ivoire conserve par ailleurs sa position de premier producteur mondial de cacao avec plus de deux millions de tonnes produites chaque année et figure parmi les principaux producteurs d’anacarde, d’hévéa et de café. La première priorité présentée par le ministre concerne la souveraineté alimentaire. Le gouvernement entend réduire la dépendance du pays vis-à-vis des importations alimentaires et accroître la production locale des denrées de grande consommation. Cette orientation s’inscrit dans un contexte marqué par les perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales et les conséquences des changements climatiques sur les systèmes agricoles. La compétitivité des filières constitue le deuxième pilier de cette stratégie. L’objectif affiché est d’augmenter la valeur ajoutée créée sur le territoire national grâce à une transformation plus importante des matières premières. La Côte d’Ivoire transforme déjà plus de 40 % de sa production de cacao et ambitionne de renforcer davantage ses capacités industrielles dans plusieurs filières agricoles. À cet effet, le ministre a invité les investisseurs à accompagner les projets de transformation locale.

Une réforme articulée autour du financement, du foncier et de la durabilité

Le troisième axe porte sur le financement agricole. Malgré son poids dans l’économie, le secteur reste confronté à un accès limité aux crédits. Les autorités souhaitent ainsi favoriser une plus grande mobilisation des ressources financières afin d’encourager les investissements, la mécanisation des exploitations et l’adoption de nouvelles technologies. La sécurisation du foncier rural constitue le quatrième chantier. La question foncière demeure l’un des défis majeurs du développement agricole en Côte d’Ivoire. La délivrance des certificats fonciers et la clarification des droits de propriété figurent parmi les instruments privilégiés pour réduire les conflits et offrir davantage de garanties aux exploitants ainsi qu’aux investisseurs. Enfin, la durabilité des systèmes de production complète cette feuille de route. Face aux effets du changement climatique et à la dégradation progressive des ressources naturelles, les pouvoirs publics misent sur des pratiques agricoles plus résilientes et plus respectueuses de l’environnement.

À l’issue de son intervention, Bruno Nabagné Koné a également invité les opérateurs économiques à participer au lancement du Programme national d’investissement agricole de troisième génération (PNIA 3), prévu sous la présidence du Premier ministre Robert Beugré Mambé. Ce programme est appelé à constituer le principal cadre de mise en œuvre des orientations présentées lors des Rencontres Africa Abidjan 2026.