Huit signatures entre le Gouvernement ivoirien et le géant brésilien Petrobras, leader mondial dans l'exploration et la production d'hydrocarbures en eaux profondes et ultra-profondes, un seul jour, une ambition assumée, devenir un hub énergétique régional. Jamais la Côte d'Ivoire n'avait attribué autant de blocs pétroliers à un seul opérateur, en une seule cérémonie. Les 8 permis concernés, CI-513, CI-600, CI-601, CI-602, CI-603, CI-605, CI-701 et CI-702, se déploient dans la partie occidentale du bassin sédimentaire national, sous des colonnes d'eau allant de 1 500 à 4 000 mètres. Une zone jusqu'ici largement vierge, que Petrobras s'engage désormais à explorer avec son savoir-faire reconnu en offshore ultra-profond, notamment acquis au Brésil sur les gisements du pré-sel. Sur le plan capitalistique, la major brésilienne, via sa filiale Petrobras Netherlands B.V., détient 90 % des intérêts et assure l'opérabilité des blocs, tandis que Petroci Holding conserve 10 % dès le démarrage, avec une option payante lui permettant de porter sa part à 25 % en cas de découverte commerciale. Le partage de la production a été calibré pour préserver les intérêts nationaux, quelque 62,5 % reviendront à la partie ivoirienne contre 37,5 % à Petrobras, une fois les coûts recouvrés.
Le Ministre des Mines, du Pétrole et de l'Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, a chiffré l'engagement financier initial à plus de 250 milliards de F CFA, destinés à l'acquisition de données sismiques de dernière génération et à la réalisation d'au moins 8 forages en eaux très profondes. Cette enveloppe illustre la confiance placée dans le potentiel géologique ivoirien, à l'heure où le pays cherche à diversifier ses partenaires après les découvertes des champs Baleine et Calao. Avec cette signature, le taux d'occupation du bassin sédimentaire ivoirien grimpe à 75 %, soit environ 63 000 km² désormais couverts par des contrats pétroliers, contre 34 000 km² pour les seuls blocs Petrobras. Un bond significatif qui replace la Côte d'Ivoire sur la carte des juridictions africaines courtisées par les majors internationales.
Ainsi, Abidjan ne se contente pas d'attirer des capitaux, en misant sur l'expertise offshore de Petrobras. Elle consolide son ambition de hub énergétique régional, portée par une diplomatie économique qui multiplie les alliances stratégiques dans le golfe de Guinée.