La Côte d’Ivoire veut donner une nouvelle dimension à son secteur apicole. Réunis le 29 septembre 2026 à Abidjan, les acteurs de la filière ont examiné les résultats d’une étude commandée par le Conseil national des exportations (CNE). Les conclusions présentées placent désormais l’apiculture parmi les activités capables de contribuer à la diversification de l’économie agricole nationale. Représentant le Ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Laure Tchikaya a estimé que le potentiel du secteur reste largement méconnu. Selon elle, l’enjeu dépasse la seule production de miel. La valorisation de la cire, de la propolis et de la gelée royale peut également générer de la valeur ajoutée locale et favoriser l’émergence d’activités de transformation.
Une filière qui progresse mais reste freinée
Les données issues de l’étude montrent une évolution encourageante. Le taux national d’utilisation des capacités productives est passé de 11,9 % en 2023 à 29 % en 2025. Cette progression traduit une dynamique positive observée dans plusieurs zones de production. Toutefois, les marges de progression demeurent considérables. L’étude menée dans les régions du Bélier, du Béré, de la Bagoué, du Worodougou, du Hambol et de l’Iffou révèle que la capacité effective cumulée sur trois ans atteint 391 tonnes. Dans le même temps, le potentiel théorique national dépasse 2 600 tonnes. Cet écart met en lumière plusieurs contraintes. Les producteurs font face à un déficit d’équipements modernes. L’accès au financement reste limité. L’organisation des acteurs demeure également insuffisante. Ces difficultés freinent la professionnalisation du secteur et limitent sa compétitivité.
Une chaîne de valeur à bâtir
Pour le CNE, la filière apicole ne doit plus être considérée comme une activité marginale. Elle peut alimenter plusieurs branches économiques. La transformation, le conditionnement, la cosmétique, l’agroalimentaire, la pharmacopée ou encore la fabrication d’équipements apicoles offrent des perspectives de développement. Les autorités veulent désormais structurer cette chaîne de valeur. L’objectif consiste à produire davantage, améliorer la qualité et développer la transformation locale. Cette stratégie vise aussi à renforcer la présence des femmes et des jeunes dans la filière.
À travers cette orientation, l’État cherche à faire de l’apiculture un complément aux grandes cultures d’exportation. Le défi reste important. Mais le potentiel identifié confirme que la ruche pourrait demain occuper une place plus visible dans l’économie agricole ivoirienne.