Une banane cueillie verte n'attend pas. Chaque heure perdue entre la plantation, le portail du port et la cale du navire grignote sa fraîcheur, puis sa valeur. C'est pour éviter cette course contre la montre que l'Organisation Centrale des Producteurs, Exportateurs d'Ananas et de Bananes (OCAB) a frappé à la porte du Port Autonome d'Abidjan (PAA). Ainsi, le Directeur général du PAA, Kassoum Traoré, a reçu une délégation de l'organisation, conduite par son Directeur exécutif, Gabriel Ouidi. Les représentants de la filière ont détaillé les obstacles rencontrés dans l'exportation de leurs produits. Deux sujets ont dominé, tels que la fluidité du trafic et la prise en charge des denrées périssables. L'enjeu est économique et social. La banane dessert couvre environ 3 650 hectares regroupés au sein de l'OCAB. Elle génère 15 000 emplois directs et 170 000 emplois indirects. Pour ces exploitants, le moindre retard à l'entrée du port ou à l'embarquement peut affecter la qualité des fruits et leur valeur commerciale.
Le port dispose pourtant d'un atout reconnu. Son terminal fruitier traite en moyenne 250 000 tonnes de fruits par an. Il offre 131 branchements pour conteneurs frigorifiques et des magasins froids de 2 000 palettes. Mais l'enjeu ne se limite pas aux infrastructures. Il porte sur l'ensemble de la chaîne (arrivée des camions, accès aux installations, traitement des marchandises, coordination des intervenants et embarquement). Le Directeur général a réaffirmé la disponibilité du PAA à examiner avec l'OCAB des solutions adaptées et durables. Il a invité les représentants de la filière à poursuivre les échanges avec les équipes du port, afin de définir des mesures répondant aux contraintes opérationnelles de l'exportation.
Cette rencontre ouvre une phase de travail concret entre le port et les producteurs. Elle suppose maintenant des mesures mesurables sur les délais, car pour les fruits frais, la rapidité conditionne la compétitivité.