Dans la savane du Gbêkê, le karité ne va plus quitter la région pour être transformé ailleurs. Il est désormais traité sur place, à Kongodékro. Ce lundi, les membres du Gouvernement, les préfets et les chefs coutumiers ont assisté à l'inauguration de Beta Veg Oil. Deux fondateurs, Mounir Fakry et Pierre Ali, ont créé l'usine. Elle est spécialisée dans l'extraction par solvant du karité et du soja. Ses promoteurs affirment qu'elle est la plus grande unité de ce type en Côte d'Ivoire, avec une capacité de 70 000 tonnes de matières premières par an. Le site produit déjà du beurre de karité. Il prévoit ensuite de l'huile de soja raffinée et des tourteaux pour l'alimentation animale.

L'usine met aussi en avant son profil écologique. Dès la pose de la première pierre, en janvier 2025, le projet était présenté comme la première usine neutre en carbone du pays. Cette démarche s'inscrit dans la vision du Ministère de l'Environnement et de la Transition écologique, qui veut concilier croissance industrielle et protection du climat. Le volet social est tout aussi important. L'usine annonce 450 emplois directs, auxquels s'ajoutent 250 journaliers déjà mobilisés, selon le Ministre du Commerce, de l'Industrie et de l'Artisanat. Elle concerne aussi les collectrices de karité et les producteurs de soja du Gbêkê. Le projet est né du forum « Investir à Bouaké » et s'inscrit dans le programme municipal « Bouaké Nouveau ». Ce programme vise à transformer 50% de la production agricole régionale sur place et à créer plus de 10 000 emplois industriels directs d'ici 2030. Le maire Amadou Koné a aussi annoncé que la deuxième phase d'extension démarrerait en décembre.

Avec Beta Veg Oil, Bouaké affiche une ambition claire, garder la valeur ajoutée sur son territoire. Reste à tenir les promesses sur les emplois, les revenus des collectrices et la montée en puissance de la production.