Premier producteur mondial de noix de cajou avec environ 1,5 million de tonnes récoltées lors de la dernière campagne, la Côte d'Ivoire ne veut plus se contenter d'exporter sa matière première brute. Pour accélérer la mutation, le Gouvernement mise sur un environnement favorable aux investissements et encourage l'implantation d'unités de transformation au plus près des bassins de production, notamment via des zones agro-industrielles dédiées et des mesures fiscales incitatives. À Tombougou, dans le département de Boundiali, cette stratégie prend une forme concrète avec l'implantation de PAN Agro Africa Commodities (PAAC), filiale d'un groupe émirati entrée en production en 2025. 

L'usine dispose d'une capacité de transformation de 50 tonnes par jour et traite aujourd'hui près de 30 000 tonnes de noix de cajou par an, un volume pouvant grimper à 45 000 tonnes lorsque la campagne est pleinement approvisionnée. Le site avait démarré avec une capacité initiale de 18 000 tonnes, extensible à terme jusqu'à 150 000 tonnes, selon les projections de l'entreprise. Au-delà des tonnages, c'est l'impact social qui retient l'attention des autorités locales. Décortiqueuses, techniciens de maintenance, contrôleurs qualité, chauffeurs et manutentionnaires, la chaîne de transformation mobilise ainsi une main-d'œuvre nombreuse, majoritairement recrutée dans le bassin de Boundiali. Cette dynamique s'inscrit dans l'objectif national de porter le taux de transformation locale à 50 % d'ici 2030, contre environ 43 % actuellement, pour un pays qui compte déjà 37 unités industrielles et une capacité installée dépassant 820 000 tonnes.

Reste à sécuriser l'approvisionnement en noix brutes des usines locales, un défi que le Gouvernement tente de relever via des périodes d'achat prioritaires réservées aux transformateurs. À ce prix, Tombougou pourrait devenir l'un des symboles d'une filière cajou enfin maîtresse de sa propre valeur ajoutée.