Les travaux de la future centrale thermique au gaz naturel liquéfié (GNL) ont été lancés, il y a quelques jours, en présence du Directeur général du Port Autonome de San Pedro, des autorités administratives et coutumières locales, ainsi que des représentants de CI-ÉNERGIES et du Ministère des Mines, du Pétrole et de l'Énergie (MMPE), maître d'ouvrage du projet. Cette mobilisation institutionnelle traduit l'importance stratégique accordée à cette infrastructure, censée renforcer durablement l'offre électrique dans une région déjà tournée vers l'industrie portuaire et agro-industrielle.
Intervenant au nom du Directeur général de CI-ÉNERGIES, le Directeur de la production a détaillé le calendrier de montée en puissance de la centrale. Une première tranche de 40 mégawatts (MW) est attendue dès décembre 2026, avant un saut significatif à 250 MW en juin 2027. La capacité devrait ensuite atteindre 600 MW en 2028, pour culminer à 1 000 MW à l'horizon 2030, un volume comparable aux plus grandes unités thermiques du pays, comme celle d'Azito qui a atteint 640 MW après sa phase 4. Ce projet s'inscrit dans l'ambition nationale de doubler la capacité installée du parc électrique ivoirien, passé de 2 229 MW en 2020 à environ 3 019 MW en 2024, avec un objectif de plus de 4 500 MW en 2030.
Pour permettre la réalisation de cette infrastructure, le Port Autonome de San Pedro a cédé près de 100 hectares de son domaine portuaire. Des aménagements spécifiques sont également prévus sur les installations portuaires existantes afin de sécuriser l'approvisionnement en gaz naturel liquéfié et de faciliter l'exploitation future de la centrale, dans la continuité des synergies déjà nouées entre le port et les promoteurs énergétiques de la zone.
En misant sur le GNL, la Côte d'Ivoire aligne ce projet sur ses engagements climatiques tout en répondant à l'urgence de sécurisation de son offre électrique. Le chantier de Poro devient ainsi l'un des marqueurs de la politique énergétique nationale pour les années à venir.