La Côte d'Ivoire veut faire de l'élevage un moteur de sa souveraineté alimentaire. Lancé ce 14 septembre 2026, à Abidjan, le Projet de préparation pour le financement des activités de développement de l'élevage, dénommé PPF Économie Animale, ambitionne de catalyser plus de 2 300 milliards de F CFA d’investissements privés. La cérémonie a été présidée par le Premier ministre Robert Beugré Mambé, en présence du Ministre des Ressources Animales et Halieutiques Sidi Tiémoko Touré et du Directeur général adjoint de la Banque Africaine de Développement (BAD) pour l'Afrique de l'Ouest, Joseph Ribeiro. L'initiative a réuni l'ensemble des acteurs majeurs du secteur. Le projet vise à élaborer un programme d'investissement capable de lever les freins structurels qui pèsent sur l'élevage ivoirien. Selon les données du ministère, la production nationale ne couvre encore que 49% des besoins en viandes et abats, 15% en lait et 12% en produits halieutiques en 2024. Cette dépendance se traduit par des importations évaluées à 782 milliards de F CFA.

Un levier pour la souveraineté alimentaire

D'une durée de 12 mois, le PPF est financé par le Fonds Africain de Développement (FAD) avec l'appui technique de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). Il doit permettre de catalyser plus de 2300 milliards de F CFA d'investissements privés. Saluant le soutien des partenaires financiers, le Premier ministre a réaffirmé la volonté du gouvernement d'améliorer la production locale, afin de se soustraire aux importations. « Notre ambition est claire en la matière : produire davantage et mieux, produire de manière durable afin de réduire progressivement notre dépendance aux importations et renforcer notre souveraineté alimentaire », a déclaré le Premier ministre lors de la cérémonie de lancement. Le Ministre Sidi Tiémoko Touré, lui, a situé l’économie animale au croisement de deux enjeux : la sécurité alimentaire et l’aménagement économique du territoire. Il a également souligné que ce projet s'aligne sur la feuille de route du Plan national de développement (PND) 2026-2030. Il a invité les partenaires techniques et financiers à s'engager pour moderniser les systèmes de production et renforcer la compétitivité des filières. L'objectif affiché est de sécuriser les capitaux et de structurer des chaînes de valeur régionales performantes.

Le gouvernement prévoit la mise en service de 14 Zones de développement de l'économie animale et de l'économie bleue et l'opérationnalisation du Fonds de promotion des productions animales et halieutiques pour accompagner cette transformation.