Le Ministère des Ressources animales et halieutiques (MIRAH) et l'Agence japonaise de coopération internationale (JICA) ont réuni récemment les autorités administratives et acteurs de la filière pisciculture pour un séminaire dédié à la promotion de nouveaux investisseurs dans la région de la Mé. Organisée dans le cadre de la seconde phase du Projet de relance de la production piscicole continentale (PREPICO2), la rencontre a réuni notamment la représentante résidente adjointe de la JICA, Kimiko Tsuchiya. Quatre thématiques structuraient la journée, telles que la réglementation, l’attractivité des investissements, l’accès au financement et les pratiques de production et de commercialisation.
Ce rendez-vous s'inscrit dans une dynamique plus large. En effet, un mois plus tôt, le 22 juillet 2026, le Ministre Sidi Tiémoko Touré avait reçu une délégation de la JICA conduite par Shinohara Shunei, responsable Afrique de l'Ouest de l'agence, pour préparer un Projet d'appui aux politiques de développement (DPL) dans le secteur aquacole, destiné à renforcer la compétitivité et la performance de la filière. Aussi l'accès au crédit occupe une place centrale dans le dispositif, le séminaire d'Adzopé a associé le Centre de promotion des investissements en Côte d'Ivoire (CEPICI) et l'institution de microfinance Advans CI pour faciliter l'installation de nouveaux opérateurs. L'ambition du PREPICO2, soutenu par le Japon, est de porter la production piscicole nationale de 1 800 à 8 000 tonnes d'ici avril 2027, dans six zones cibles : Abidjan, le Sud-Comoé, les Grands-Ponts, l'Agnéby-Tiassa, l'Indénié-Djuablin et la Mé. D'autres séminaires similaires ont déjà eu lieu, notamment à Dabou en mars 2026, confirmant une stratégie déployée sur plusieurs mois et plusieurs régions plutôt qu'une opération isolée.
Ainsi, en misant sur la formation des investisseurs, la simplification de l'accès au financement et l'appui institutionnel japonais, le MIRAH entend faire de la pisciculture un levier de souveraineté alimentaire. Reste à transformer ces engagements en production effective, alors que la Côte d'Ivoire demeure largement dépendante des importations de produits halieutiques.